L' EPOPEE D'UNE TRIBU - FIN

L'EPOPEE D'UNE TRIBU REBELLE


LES J'RAMNA ( page 4 et fin )

En février, le Chef de l'annexe des Ajjer faisait entendre le premier son de cloche défavorable : Les J’ramna circulent d'Ouargla sur In Salah ou Tatahouine,sans la moindre autorisation. Ils font preuve de mauvaise volonté pour les convois et opposent la force d'inertie. Bref ce sont des "indésirables". Ils n'abandonnaienptas non plus leur attitude guerrière. C'est ainsi que les Ouled Maamar, bien que deux fois désarmés, une fois par les Italiens, au moment du départ, une seconde fois par les autorités françaises, à leur entrée en Tunisie, se retrouvaient six mois après, tous pourvus d'un fusil italien, bien approvisionnés en munitions.

Le problème de leur organisation administrative restait posé. Dès 1926, le Commandant Supérieur de l'annexe d'Ouargla avait suggéré qu'ils soient constitués en une tribu de deux fractions. Le Gouverneur Général répondit favorablement le 7 janvier 1927 à cette proposition et félicita par la même occasion les autorités locales qui avaient permis de mettre un point final à l'émigration des J’ramna. Ceux-ci furent reconnus comme tribu indépendante et soumis à un Caïd J’ramni selon leurs voeux. Le choix, faute d'autre candidat valable, se porta sur Tex-Mouidir des Italiens, Mohammed ben Naïmi. Les deux fractions furent également conservées, mais on en changea les noms. Les Ouled Maamar devinrent les Ouled Cheikh et les Ouled Sidi Slimane, les Ouled el Hadj.

D'autre part, le problème des terrains de parcours allait recevoir une solution inattendue. En effet, entre temps, le commandement du Territoire des Oasis était passé en d'autres mains. Un premier projet, qui consistait à installer les J’ramna autour d'Hassi Mey, fut abandonné ; peut-être parce que les Chambaa d'Ouargla, si souvent razziés naguère par les J’ramna, voyaient d'un mauvais oeil leurinstallation parmi eux. Toujours est-il que le nouveau responsable des Oasis leur fit quitter les régions de l'Oued Igharghar et d'Hassi Berkane, où se trouvaient respectivement les deux fractions et leur assigna des pâturages à l'Ouest d'El Goléa, poste qui, à cette époque, dépendait encore d'Ouargla. Cette mesure avait l'avantage de les éloigner des frontières tripolitaines. Elle devait être très bien comprise à Alger où il semble que l'on avait accepté avec réticence le maintien des J’ramna dans le Territoire des Oasis. Dans sa lettre du 18 mars 1927, officialisant l'organisation des J’ramna, le Gouverneur Général rappelait qu'il ne verrait qu'avantages au retour des Djeramna dans l'annexe des Geryville et soulignait que leur établissement à l'Ouest d'El Goléa lui paraissait être un premier pas dans ce sens.

 La question des impôts allait hâter ce processus. En effet, la dispersion des tentes J’ramna pendant l'année 1927, dispersion qui s'était accentuée puisque l'on trouvait des J’ramna aussi bien dans l'annexe des Ajjer que dans celle d'Ouargla, dans l'annexe d'ElGoléa comme dans le cercle de Géryville, avait fourni un bon prétexte au Caïd pour retarder sa tournée de perception. Ce dernier ne semblait d'ailleurs pas conscient du caractère inéluctable de l'opération. Rendant compte le 8 avril 1927 de ses contacts avec les différents campements, il écrivait au Capitaine, Chef d'annexé d'Ouargla : "Lorsque nous leur avons parlé du recensement de l'impôt et des convois, nous avons constaté qu'ils n'étaient pas satisfaits" (sic). Le mois suivant, en réponse à la demande de prêt de 216 chameaux pour les convois, il poursuivait : "Vous savez que mes gens ne sont pas encore familiarisés avec les questions de service et qu'il importe de les mener avec tact". Coïncidence ou conséquence, les J’ramna, pour échapper aux exigences de leur Caïd contraint de résider dans l'Annexe d'Ouargla, se dirigèrent peu à peu vers l'Ouest et quittèrent El Goléa pour le Cercle de Géryville. D'où une correspondance entre les Chefs d'annexé d'Ouargla et de Géryville qui aboutit à la conférence d'Hassi Bouzid, le 20 janvier 1928, rassemblant un Officier de chaque annexe et les responsables de la tribu. Il apparu que le Caïd nommé par nous n'avait aucune autorité et suscitait même la défiance de ses contributes. Ceux-ci acceptèrent, en effet, moyennant uti délai de trois mois, de payer les impôts dus pour 1927, mais entre les mains des Caïds des Ouled Sidi Cheikh78. Cette exigence fut interprétée par l'Administration française comme la preuve que les J’ramna ne tenaient plus tellement à constituer une tribu séparée, mais souhaitaient, au contraire, revenir à leur statut de 1881.

Un second argument, d'ordre politique, allait travailler dans le même sens. Malgré les avertissements répétés de certains chefs d'annexés, la Direction des territoires du Sud avait accordé crédit aux bonnes intentions manifestées par les J’ramna, et plus récemment elle avait pensé que l’éloignement de la frontière Tripolitaine suffirait à transformer ces razzieurs quasi professionnels en paisibles nomades. Il fallut déchanter. Le 6 novembre 1926, alors que la tribu venait juste de se regrouper en territoire français, deux J’ramna, nomadisant entre la frontière Algéro-Tunisienne et Ghadamès, capturaient 5 chamelles appartenant à des Ghadamsi. L'affaire n'eut pas de suite, malgré les protestations italiennes, faute de preuves suffisantes. En juin 1928, le Territoire des Oasis signalait que six J’ramna avaient été aperçus faisant route vers le Fezzan. On pensait qu'ils allaient y razzier quelques bêtes.

Un renforcement des postes frontières fut prévu pour les arrêter à leur retour. Or, ces J’ramna venaient des régions de l'Oued Zergoum et de Ba Messaoud, dans l'annexe de Géryville. C'est-à-dire à plus de 1 000 kilomètres à vol d'oiseau. La suite des événements se passa comme prévue. Les J’ramna  furent repérés alors qu'ils rentraient en Territoire Algérien et conduits à Fort Polignac. Ils ramenaient 39 chamelles, prises sur les Ouled Zentane. Dix, qui leur avaient été précédemment enlevées par les mêmes Zentanes, leur furent laissées. Les 29 autres confisquées en attendant que leurs légitimes propriétaires viennent les réclamer.

Les 6 Djeramna de leur côté furent consignés au bordj. La réaction des Zentanes ne se fit pas attendre. Un contre rezzou de 60 méhari razziait, en août, des troupeaux de l'Oued Tarât et parvenait à regagner le Fezzan au prix de quelques pertes.Mais les conséquences du rezzou de juin ne s'arrêtèrent pas là. En effet, le 14 septembre, cinq des six Jramna s'évadèrent de Fort Polignac et n'eurent rien de plus pressé que de repartir vers Ghadamès en quête d'un second coup de main.Le 4 octobre ils rencontraient quatre méharistes italiens, sous les murs de l'agglomération, tuaient le brigadier-chef qui les commandait, et s'enfuyaient avec son mousqueton et les 24 chameaux de l'armée qu'il convoyait. Une fois de plus, les exactions des J’ramna débouchaient sur des complications internationales. L'Italie protestait et demandait l'extradition des coupables.

Nous la refusions, avec arguments juridiques à l'appui. Mais tout était fait pour s'emparer de ces individus trop compromettants. Le Goum d'Ouargla, sous les ordres du Caïd M'hammed ben Kaddour, entama une poursuite de 550 kilomètres en cinq jours et finit par rejoindre les fuyards à 1 50 km au N.O d'El Goléa. Deux d'entre eux furent tués, un troisième grièvement blessé, les autres capturés lors de leur retour à Géryville. Cette dramatique aventure allait mettre le point final à l'épopée des J’ramna.

Ils étaient déjà retournés dans la région de leurs ancêtres, ils allaient maintenant y retrouver leur statut de 1881. En effet, il apparut à l'Administration .française que l'affaire n'avait pu se dérouler sans que les Chefs J’ramna , déjà incapables de faire rentrer l'impôt, n'aient été au courant. Il y avait donc de leur part, sinon complicité, tout au moins complaisance. La sanction fut leur révocatione t la suppression administrative de la tribu. Les deux fractions J’ramna reprirent place après une absence de près d'un demi siècle, dans la tribu des Ouled Ziad Cheraga, après avoir perdu, avec leur caïd, leur autonomie79.

Les survivants du rezzou, en revanche, devaient s'en tirer à bon compte. Leur cas posait en effet un problème de procédure criminelle quasi insoluble, étant donné que le meurtre avait été commis en territoire étranger et que, pour des raisons également valables, nous avions refusé à l'Italie leur extradition. Successivement le Conseil de Guerre, le Tribunal militaire, puis les Assises furent récusés.Finalement les prisonniers, internés à El Goléa, furent remis en liberté à la fin de l'année 1929.II serait naturellement tentant de chercher à savoir comment les J’rama avaient supporté ces longues aventures, et en particulier quelles en avaient été les conséquences sur l'économie interne de la tribu. Faute de statistiques valables, onne peut tenter que des approximations.Lors du départ en dissidence, les deux fractions J’ramna et J’ramna El Aouachir comprennent 67 tentes. Mais rapidement les El Aouachir moins compromis abandonnent la lutte ; 7 tentes font soumission la même année80. De 1885à 1888 le chiffre le plus souvent avancé est celui de 52 tentes en dissidence.Compte tenu de l'éclatement partiel de la tribu lors du grand départ pour le Fezzan, on peut penser que ce chiffre dut encore diminuer. Certaines tentes restent avec Si Kaddour. D'autres passent au Maroc. Finalement il est peu probable que plus de 40 tentes soient passées au Fezzan, tentes misérables, pauvres en cheptel. Que deviennent les J’ramna pendant les 10 années suivantes, nous l'ignorerons toujours. Il faut attendre la reprise des contacts avec nos postes.

A partir de ce moment-là, les statistiques dont nous disposons sont plus précises,quoique tardives. Mais elles confirment l'opinion rapportée par la tradition orale sur l'euphorie du séjour tripolitain. En 1912, les J’ramna comptaient déjà 65 tentes et possédaient 400 chameaux et 300 moutons ou chèvres.En 1918, ils atteignent 90 tentes, 800 chameaux et 8 000 moutons et chèvres.Les chiffres valent ce qu'ils valent. On peut néanmoins en déduire que la tribu sut profiter au mieux de l'anarchie provoquée par la main mise italienne sur le pays.En revanche, les états de 1925 et 1926 montrent un déclin démographique.Les tentes passent de 90 à 73, puis à 67. Faut-il y voir les conséquences des opérations militaires italiennes, des règlements de compte après l'effondrement senoussiste, d'une épidémie ? (81  ) Le cheptel camelin, lui, ne cesse au contraire de croître : 1 420 chameaux en 1925, 4 000 en 1926. Mais nous avons déjà dit ce que nous pensions de cette dernière estimation. L'effondrement parallèle du petit cheptel : 8 000 têtes en 1918, 330 en 1925, laisse penser à une conversion motivée par l'exode envisagé, vers l'Algérie.

Cette richesse est assez inégalement répartie. D'abord déséquilibre entre les deux fractions : 700 chameaux pour 32 tentes chez les Ouled Maamar, soit grosso modo 22 chameaux par tente ; 3 000 chameaux pour les Ouled Sidi Slimane pour 35 tentes, soit presque 86 par tente.La répartition interne est également inégale. Chez les premiers, le nommé Maamar, l'homme de confiance des Italiens de Ghadamès, est réputé posséder seulement 35 animaux. La fortune du Mouidir, Ben Naïmi semble plutôt composée d'argent liquide. Il est en effet permis de supposer que, plus intégrés que les autres dans la vie citadine, les chefs de la fraction de Ghadamès ne convertissaient pas tous leurs biens en chameaux. Nous avons des détails plus précis sur les Ouled Slimane. Les troupeaux les plus médiocres y sont de 50 bêtes. On signale trois

81. Peut être y eut-il aussi une sédentarisation qui échappa aux observateurs.

En effet, il est signalé, en 1952, un village Jeramna, i l'écart des autres quartiers formant l'oasis de Ghat. Il est bien précisé que ces Jeramna sont des Arabes, originaire de Geryville. Or,'il est peu probable que ces Djeramna soient venus s'installer i Ghat après leur retour dans l'annexe de Geryville ; la chose aurait été relevée. Il faut donc conclure i une sédentarisation de certaines familles antérieurement i 1926. possesseurs de plus de 500 chameaux. La tradition nomade est là, strictementrespectée.

En 1929, lorsqu'ils ont "bouclé la boucle", les J’ramna sont estimés par Géryville à une soixantaine de tentes. C'est pratiquement le chiffre de 1926, étant donné que 5 tentes sont à Fort Polignac ; mais on ne nous fournit pas d'évaluation du cheptel.

En résumé, nous constatons donc d'abord une période de déclin entre 1881 et 1888. Cause ou conséquence, la Tribu ne présente pas alors de front commun.

Certaines tentes se rallient, d'autres vont au Maroc, d'autres Dieu sait où. Au contraire, la période faste coïncide avec une tribu faisant bloc. Tous les rapports insistent sur la solidarité absolue des deux fractions. Celle-ci apparaît dans les interminables négociations pour le retour. Le fléchissement constaté en 1925 pourrait alors s'expliquer par la rupture partielle de l'unité. La fraction de Ghadamès se soumettant aux Italiens tandis que celle du Fezzan reste indépendante.Coïncidence ? la fraction Ghadamsienne des Ouled Maamar, jadis la plus riche, voit alors son cheptel camelin se stabiliser tandis que celui des Ouled Sidi Slimane du Fezzan s'accroît très rapidement :

- Ouled Maamar: 500 chameaux en 1918; 500 chameaux en 1925;

700 chameaux en 1926.

- Ouled Sidi Slimane : 300 chameaux en 1918 ; 920 en 1925 ; 3 200 en1926.

Une explication vient naturellement sous la plume. Les Ouled Maamar, en zone soumise, ne pouvaient plus razzier à leur gré, alors que les Ouled Sidi Slimane continuaient de s'en donner à coeur joie. La chose est probable quoiqu'une autre raison puisse être avancée à propos des Ouled Maamar. Mais les razzieurs étaient eux-mêmes exposés à des contre rezzou. En revanche il est certain que la possibilité de choisir librement les pâturages hors des circuits imposés améliorait le rendement du cheptel. Tribu d'éleveurs à l'origine, les J’ramna  avaient en effet certainement poursuivi cette activité, avec d'autant plus de profit peut-être que leurs alliés traditionnels, les Imanghassaten, tribu noble, durent leur confier plus d'une fois la surveillance de leurs troupeaux.

Enfin, troisième source de profits, le commerce caravanier. Plusieurs mentions font état de caravanes J’ramna allant de Ghadamès au Soudan et retour. Il est probable que ce fut là source de bénéfice non négligeable. Leurs bonnes relations avec les autorités turques d'une part, leur intégration à certains clans Ajjer contrôlant l'itinéraire d'autre part, (Imanghassaten et Ifoghas) les mettaient certainement en situation privilégiée. Il faut croire aussi que le sens commercial ne leur faisait pas défaut. Dès leur rentrée en territoire algérien, nous les voyons lancer des caravanes sur In Salah parce que les dattes y sont moins chères qu'ailleurs et louer leurs bêtes à des convoyeurs chambaa, faute de pouvoir sans doute prendre immédiatement leur place. Et l'on peut penser qu'au commerce traditionnel, poudre d'or, plumes d'autruche, esclaves, contre objets manufacturés, s'ajouta rapidement la contrebande des armes. Les rapports de la période 1895 — 1919 font fréquemment allusion à un trafic régulier vers le Ouadal

 

Quelle fut d'autre part l'évolution des sentiments "politiques" de la tribu ?Comment la "haine" manifestée vis à vis des autorités françaises évolue-t-elle en quelques années vers une demande d'aman ? Le problème paraît complexe. On peut avancer que les jeunes générations nées en Tripolitaine, n'héritent point de ces ressentiments. Malheureusement on constate que ce sont les "vieux" c'est à-dire les adolescents de 1881, qui souhaitent le retour ayant gardé du pays des ancêtres une vision peut-être enj'olivée par les souvenirs d'enfance. El Hadj'Abderrahmane qui engage les pourparlers de 1918 et 1921 avait entre 10 et 20 ans lors de l'entrée en dissidence.Pour eux, la rentrée en zone française signifie le retour à Géryville, les retrouvailles avec l'ancienne tribu82. On efface les cinquante ans de dissidence et l'on repart en 1881. Le plus âgé des Ouled Sidi Slimane, Tayeb ben Cheikh réclame même le commandement de la fraction pour avoir, avant de déserter, servi 7 ans au makhzen de Géryville. Simplement, par délicatesse, il déclare n'avoir rej'oint les révoltés de 1881 que huit jours après les meurtres, alors qu'il était prouvé qu'il y participa.

Mais en 1925, c'est la nouvelle génération qui est au pouvoir (le Moudir, Mohammed ben Naïmi, est qualifié de "jeune, l'esprit ouvert . . . *'83.) Le retour à Géryville l'intéresse peu. Elle préfère ne pas s'éloigner de la zone qu'elle connaît et n'est poussée à rentrer par aucun argument sentimental.

L'évolution des J’ramna est finalement très simple. La génération compromise dans le meurtre de 1881 a disparu, ou n'est plus majoritaire en 1912, date des premiers contacts. L'arrivée en Tripolitaine d'un colonisateur mal connu, l'Italien, et les premières difficultés qui naissent, provoquent chez les J’ramna, tribu nomade, le réflexe classique : aller ailleurs. Malheureusement, toutes les issues sont bouchées. Le Soudan septentrional qui les aurait certainement tenté est sous contrôle français. Là-dessus, les nostalgies des adolescents de 1881 emportent la décision et ce sont les premiers contacts avec Ouargla. Puis les choses évoluent de telle façon que le péril redouté s'estompe. Les J’ramna restent en Tripolitaine et la jeune génération s'accomode tant bien que mal avec les Italiens (nominationde Ben Naîmi comme Moudir).

L'éventualité d'un départ est mise en réserve au cas d'une aggravation de la situation. Les contacts ne sont jamais rompus. Mais les J’ramna qui, en bons nomades, se préoccupent avant tout de l'intérêt immédiat de leur tribu, ont été amenés à abandonner successivement les Italiens, les Senoussistes et les Turcs. Le règlement de comptes risque d'être pénible. Un concours de circonstances fortuit pousse la fraction du Fezzan à sauter le pas. La solidarité tribale joue alors automatiquement et la fraction de Ghadamès n'aura de cesse de passer à son tour la frontière. La majorité des J’ramna n'envisage pas d'aller plus loin et pense pouvoir s'installer dans l'annexe d'Ouargla. Mais sans doute n'y trouve-t-elle pas de la part des autres tribus l'accueil souhaité. Aussi prête-t-elle l'oreille à l'avis des anciens qui ne cessent de décrire l'annexe de Géryville avec les couleurs que l'on sait.

L'administration locale de son côté est revenue de ses premières illusions et pousse au départ. Les embarras nés des rezzou de 1928 décident enfin le Gouvernement Général à sanctionner l'évolution constatée. De nos jours, les J’ramna  nomadisent encore dans le Sud Oranais. Ils n'ont pas oublié leur histoire et peut-être certains vieillards regrettent-ils, à leur tour, le temps de leur adolescence, les folles méharées vers des troupeaux mal gardés, les lentes caravanes qui revenaient du Soudan, riches de poudre d'or et d'esclaves

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