CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE

 

 

LA STEPPE

 

CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE

 

J'assiste impuissant à la mort certaine de notre steppe, une réalité visible moi qui parcours ces milieux steppiques depuis de longues années, c'est un bouleversement total et qui chaque année prend de l'ampleur, je constate une accélération brutale surtout ces sept dernières années 
La steppe est un écosystème presque aride caractérisé par des ressources naturelles très limitées, en plus d' un sol pauvre et des conditions climatiques des plus sévères

Dans d'autres régions c'es la désolation totale à l'image des communes de Bougtob - Rogassa - Cheguig - Tousmouline - Kef lahmar -ghassoul régions qui étaient autrefois le fief de l'alfa ,c'est le désert total

Beaucoup pour se dédouaner rejettent ce problème sur le changement climatique , certes c'est une réalité mais ça n'éxplique pas tout , car les secheresses ont toujours éxisté depuis la nuit des temps et ne suffisent pas à expliquer la désertification accélérée actuellement. Les causes les plus profondes sont sous l’influence grandissante de l’homme et d’une croissance démographique galopante 
Les activités humaines sont en effet la raison majeure du déclenchement des processus de désertification sur ces terres ô combien vulnérables.

Ces activités humaines sont multiples et variables (surpaturage- pollution) sans compter la mise en culture de ces sols fragiles exposés à des phénomènes d'érosion hydrique et éolienne
La sagesse populaire dans la steppe , quant à elle et cela depuis longtemps, a résumé son appréhension du phénomène par le diction : « Si on perçoit de l’alfa, sachez que l’origine est un kerrouche (Chêne ) et si vous voyez de l’armoise sachez que l’origine est une alfa ».
Hélas les djebels Boudarga, ksel , El Ouastani , Megueress, Bounota , Bessebaa autrefois parsemés de karouch (Chênee) , de Thuya, de genevriers et bien d'autres éssences sont en voie d'éxtinctions, cette éxtinction a comme vous pouvez le deviner un impact certain sur la faune qui a été décimée surtout par le braconnage,
Autrefois ces djebels étaient interdits au paturage tout comme d'immenses parcours de la steppe interdits de labours si ce n'est en de rares endroits, actuellementils ils sont livrés à eux mêmes, moutons , caprins et vaches s'en donnent à coeur joie  et la dégradation se fait sentir de jour en jour

Aucun chant d'oiseau ne fuse de ces immensités autrefois grouillantes de vie

Un autre phénomène a vu le jour c'est les habitatios sauvages qui poussent comme des champignons en ces milieux steppiques avec un cheptel qui cause des dégâts irréversibles , ces nouveaux "conquérants" restent sur place si bien que ces espaces sont devenus presque lunaires, au contraire des nomades d'autrefois qui pratiquaient la transhumance permettant à ces parcours de se reposer et de se régénérer
La désertification de ces milieux steppiques a causé une rupture d'équilibre tout comme la déstructuration d'une société traditionnelle brisée à tout jamais
La boucle a été bouclée par l'état qui au lieu de prendre des mesures draconniènes pour préserver ces espaces ne fait qu'agraver la situation avec la nouvelle politique agricole pour faire de la steppe et du sud des régions à vocation agricole, l'opération a été lancée en grandes pompes dans notre région en 2016 avec l'octroi de milliers d'hectares à des "investisseurs" privés sans le moindre sou à débourser par ces derniers, les résultats sont nuls , beaucoup ont plié bagages, du côté de Dhayet el Bagra ( Brezina ) et de sid El hadj Eddine , c'est un véritable gâchis
Beaucoup d'éxperts nationaux et internationaux avaient tiré la sonnette d'alarme quant à ce choix des plus fous mais n'ont jamais été écoutés
Il faut être sur place pour constater cette hécatombe, le sol devenu nu , les tempêtes de sable sont presque quotidiennes 
l'autre image frappante c'est le barrage vert qui lui aussi subit ce choc, les arbres meurrent un à un et sont étouffés par l'avancée des sables surtout du côté de Kef Lahmar où ne subsistent que quelques arbres qui se trouvent en bordure de ravins ou d'oueds sans compter les chenilles procétionnaires qui causent bien des ravages, quelques parcelles ont été reboisées et laissées à leur sort, ces reboisement n'ont jamais été suivis

Du côté de sid el hadj Eddine et Brezina où d'immenses parcelles ont été cédées à des privés etrangers à la région, je me suis aventuré non sans risque dans une de ces "éxploitations" , des sachets noirs ont attiré mon attention, grande fût ma stupéfaction en constatant que c'était des plans d'arbres jetés dans cette "éxploitation"livrée au vent et abandonnée
Malgrè tous ces constats on distribue encore des terres en ces milieux inhospitaliers, sans compter que la pluie se fait très rare

Personne ne s'est penché sur ce drame qu'est la désertification , la steppe était un veritable rempart contre la désertification si bien que même le nord du pays est menacé 
L'autre fléau et non des moindres c'est la pollution qui affecte elle aussi ces espaces 
En parcourant ces immenses espaces et à mon grand désarroi je ne connais plus les belles impréssions et sensations d'antan hélas

 

Par Noureddine Toumi
                  Le mardi 26 décembre 2013

Photos prises en 2009 et le 13 février 2024
Le présent album comprend 102 photos au format Ultra Grand Angle
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J'AI VU LA STEPPE MOURIR

 

 

 

 

Commentaires (1)

René -  Sur : CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE
  • 1. René - Sur : CHRONIQUE D'UNE MORT ANNONCEE | samedi, 02 mars 2024
En France aussi, la "chronique d'une mort annoncée" concerne bien des lieux sensibles, bien des oiseaux, et surtout les endroits les plus touristiques.

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