Un projet est en cours pour l'exploitation du gaz de schiste dans notre pays

Réquisitoire contre le gaz de schiste

Le débat sur l'exploitation du gaz de schiste s'impose de lui-même, notamment après que le gouvernement algérien ait décidé, à travers les amendements de la nouvelle loi sur les hydrocarbures, l'exploitation de cette ressource énergétique «non conventionnelle». Le maître de conférences à l'Université d'Oran et expert en géologie, Kacem Moussa, a précisé, lors d'un débat organisé, hier, par le Collectif national pour les libertés citoyennes (CNLC), dans les locaux du parti MDS, que cette appellation de «non conventionnelle» à elle seule mérite tout un débat.

Kacem Moussa explique avec un langage très simple et clair que «le non conventionnel» est une chose qui n'est pas recommandée. Et d'ajouter que les ressources énergétiques «non conventionnelles» sont difficilement accessibles, elles exigent des conditions d'exploitation techniques modernes, des ressources financières importantes et une technologie d'exploitation très lourde qui pèse négativement sur l'environnement.

Intransigeant, le maître de conférences de l'Université d'Oran a remis en cause la capacité de notre pays à assurer la sécurité totale, que ce soit avant ou après l'exploitation des gisements du gaz de schiste. «Certains de nos officiels ont affirmé que les Algériens ont de l'expérience en la matière, en déclarant que la technique de forage horizontal hydrique a été déjà utilisée par Sonatrach, pendant plusieurs années. Je dirais qu'il s'agit là d'une pure tromperie», a-t-il lancé. Et de poursuivre «ce sont tout simplement des essais techniques, plutôt des formes courantes qui n'ont rien à voir avec l'extraction des gaz de schiste» a-t-il insisté en s'interrogeant «pourquoi veut-on clore le débat sur l'exploitation du gaz de schiste, avant même son ouverture?» «Pourquoi toute cette opacité sur le sujet?» Selon l'intervenant, il est aujourd'hui nécessaire de se mobiliser pour dire stop au gaz de schiste».

Pour Kacem Moussa, l'exploitation du gaz de schiste est un véritable désastre pour l'environnement. Il présente ses arguments : une utilisation importante d'eau 95 % d'injection faits d'eau, «c'est une moyenne de 20.000 m³ d'eau pour un seul forage» a-t-il dit. Des risques de pollution des nappes phréatiques, avec des décontaminations quasi impossibles, une fois le mal est fait. Et le comble, précise le géologue «le risque de l'instabilité des sous-sols». Le conférencier a indiqué que de nombreux sites d'exploitation de gaz de schiste connaissent aujourd'hui des séismes fréquents de magnitudes 4,5 et 5.

Yacine Teguia, membre du Conseil national du MDS est intervenu pour souligner que l'exploitation du gaz de schiste est économiquement et du point de vue environnemental, très coûteuse si on la compare au bénéfice. «J'ai du mal à comprendre pourquoi on investit 60 milliards de dollars pour gagner 80 milliards de dollars, une différence de 20 milliards de dollars dont une partie doit être consacrée à la réparation des dégâts environnementaux ?» s'est-il interrogé. «Pourquoi on choisit maintenant l'exploitation du gaz de schiste alors que les richesses minières et énergétiques sont sous-exploitées, voire méconnues en l'absence d'exploration et de prospection dans notre pays ?», a-t-il ajouté.

Les intervenants étaient tous unanimes : ils veulent comprendre pourquoi le gouvernement algérien veut aller vite vers l'exploitation du gaz de schiste ? «S'il y a des pressions internationales ou des intérêts géostratégiques, qu'ils s'assument et disent clairement au peuple de quoi s'agit-il», dira Yacine Teguia, en soulignant que «l'exploitation du gaz de schiste n'est même pas un vecteur capable de créer de l'emploi, contrairement aux énergies renouvelables». Les intervenants ont émis l'idée d'écrire aux ministres concernés par cette question, au gouvernement et à la Présidence pour marquer une halte et ouvrir un débat national sur le sujet. Le représentant du CNLC s'est dit pour une action contre l'utilisation du gaz de schiste. Il s'est dit pour une manifestation citoyenne. «Des jeunes porteront des tee-shirts sur lesquels sera écrit «non au gaz du schiste», des jeunes qui sillonneront les grandes villes du pays et expliqueront aux citoyens ce qu'est le gaz de schiste et quelles seront ses conséquences», a-t-il conclu.
Par M. Aziza


Une enquête du New York Times a aussi révélé les risques accrus de radioactivité et de cancers.

La gigantesque enquête sur les gaz de schiste publiée par le New York Times est une nouvelle bombe lancée sur cette technique d’extraction contre laquelle la mobilisation grandit en France. Non seulement les preuves d’effets sur la santé se multiplient, mais l’enquête révèle que l’eau rejetée par les puits est radioactive.

Le quotidien américain a consacré de gros moyens au déchiffrage des quelque 30 000 pages de documents confidentiels provenant de l’agence américaine de protection de l’environnement, l’EPA, et de différentes sources internes à l’industrie, qu’il s’est procurés. Une méthode « à la manière de WikiLeaks », mais avec le professionnalisme des équipes du journal, qui ont ajouté aux données brutes :

  • une infographie interactive : une carte recense la radioactivité présente dans 149 des quelque 200 puits installés dans l’Etat de Pennsylvanie et recense 42 puits dont l’eau rejetée dépasse la norme autorisée pour l’eau potable en radium, 4 dans le cas de l’uranium, 41 dans celui du benzène, 128 les dépassent pour le « gross alpha » (des radiations causées par les émissions d’uranium et de radium) ;
  • un reportage vidéo où l’on voit des habitants des montagnes rocheuses (Colorado) obligés de déménager parce que les gaz de schiste les ont « empoisonnés ». Nausées, diarrhées, saignements de nez... ils se disent contaminés par les fuites provenant des extractions autour de chez eux ;
  • et un fichier excel d’analyse de plus de 200 échantillons pris dans les puits : les taux de radium et d’uranium sont mentionnés ainsi que le cancérigène benzène.

La fracturation hydraulique, la technique des mini-séismes

Pour bien comprendre comment l’extraction peut se répercuter sur la santé, il faut avoir en tête tout le processus bien particulier de la fracturation hydraulique, la méthode non conventionnelle qui permet d’aller chercher dans des poches géologiques très profondes le gaz naturel.

Comme l’explique l’infographie, les derricks temporairement installés en surface creusent un puits à plusieurs milliers de mètres sous terre, un puits vertical puis horizontal (en forme de L) à l’endroit où le gaz est présent.

Parfois, le forage traverse des nappes phréatiques. Du ciment sert à étanchéifier le puits, mais il se peut qu’il soit poreux et que les produits chimiques injectés pour faire exploser la roche contaminent les nappes d’eau souterraines (celles qui servent à l’eau potable).

La technique de la fracturation hydraulique provoque une explosion de la roche perméable grâce à l’injection à très haute pression de millions de litres d’eau chargée en produits chimiques, une méthode qui s’assimile à la création d’un mini-tremblement de terre.

Cette eau contenant 500 à 2 000 produits, dont une partie sont des cancérigènes connus, tels le benzène (mais d’autres seraient pires encore) est injectée en profondeur pour maintenir le puits ouvert et permettre l’extraction. Puis une bonne partie (peut-être la moitié) des eaux usées remonte à la surface, l’autre restant sous terre au risque de contaminer les nappes.

L’eau remontée contient parfois des substances radioactives à des taux qui dépassent plus de mille fois les seuils autorisés pour l’eau potable. Elle n’est certes pas bue, mais décante dans des bassins de rétention, susceptibles de fuir, par exemple lors de grosses averses.

Le New York Times a beau avoir enquêté pendant des mois, interviewant toutes les sources qui voulaient bien s’exprimer (riverains, industrie, agence de l’environnement, centres de recherche), il reste prudent sur les conclusions à tirer : il ne dit pas qu’il faut cesser immédiatement d’extraire cette énergie qui crée des emplois et promet au pays une plus grande indépendance énergétique, mais dénonce la complaisance des autorités avec l’industrie.

Les répercussions sur la santé

Comme l’avait montré le documentaire « Gasland », la fracturation hydraulique a rendu l’eau imbuvable dans nombre d’endroits des Etats-Unis. Parfois même, l’eau est tellement chargée de gaz quand elle sort du robinet, qu’elle brûle au contact d’une allumette.

Le quotidien insiste sur le fait que les 493 000 puits en exploitation aux Etats-Unis génèrent des quantités faramineuses d’eaux usées (jusqu’à 4 millions de litres par puits). Ces eaux très chargées en sels corrosifs et en produits cancérigènes et parfois radioactifs (certains naturellement présents dans le sol et remontés avec l’eau comme le radium) décantent dans des stations d’épuration avant de rejoindre les rivières puis les robinets des gens.

L’industrie avoue dans des documents internes ne pas savoir totalement éliminer la radioactivité de ces eaux usées. Problème : les stations de potabilisation situées en aval des bassins de décantation ne testent pas toujours la radioactivité. Par exemple en Pennsylvanie, aucun prélèvement n’a été fait depuis 2006.

L’agence fédérale de protection de l’environnement (EPA) se dit préoccupée par les gaz de schiste, d’autant qu’un certain nombre d’installations « sont probablement hors la loi » en ce qui concerne les normes de pollution.

Si aucun cancer lié au gaz de schiste n’est encore avéré, des constats inquiétants sont relevés. Ainsi, au Texas (93 000 puits de gaz de schiste), un hôpital a recensé 25% d’enfants asthmatiques dans la population des six contés voisins, contre une moyenne de 7% dans l’état.

Les Etats-Unis commenceraient-ils à douter de la fiabilité de cette technique d’extraction qui fait si peur à la France ? « On brûle les meubles pour chauffer la maison », constate John H. Quigley, qui était jusqu’il y a peu secrétaire du département de Conservation des ressources naturelles. Entre le charbon sale et la dangereuse fracturation hydraulique, il semble que ce soit la peste ou le choléra.

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NON AU GAZ DE SCHISTE





Commentaires (5)

Noureddine -  Sur : Un projet est en cours pour l'exploitation du gaz de schiste dans notre pays
  • 1. Noureddine - Sur : Un projet est en cours pour l'exploitation du gaz de schiste dans notre pays | lundi, 29 Décembre 2014

GAZ DE SCHISTE-RETOUR SUR UN MENSONGE
Le ministre de l’Énergie, Youcef Yousfi, était présent, samedi 27 décembre, pour assister à la première opération de forage pilote de gaz de schiste dans le bassin d’Ahnet. Le forage a été un succès, avec pour preuve la torche enflammée indiquant la présence du gaz de schiste dans le puits.

Le coup d’envoi de l’exploitation de gaz de schiste a donc été donné hier. Contrairement à ce que prétendait le gouvernement en parlant d’un début d’exploitation de gaz de schiste en 2022, tout semble indiquer que le calendrier a été fortement accéléré. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement ne semble pas tenir parole sur le sujet. Peu après sa prise de fonctions de Premier ministre, Abdelmalek Sellal promettait que l’exploration de gaz de schiste n’aurait pas lieu avant 2040. Le calendrier ne cesse donc d’être avancé et modifié au gré des événements.

La cause d’accélération du calendrier est très certainement à trouver du côté du récent effondrement du cours du pétrole. Le président Bouteflika avait, lors du dernier Conseil des ministres, donné la consigne d’accroître l’exploitation des hydrocarbures non conventionnels. Cela semble être chose faite.

Le ministre de l’Énergie déclarait, en juin dernier, que le gouvernement « ne marchait pas au jour le jour, » qu’il « travaillait pour les 20 et 40 prochaines années. » Comment le gouvernement peut-il travailler pour les 20 prochaines années s’il module son calendrier à chaque obstacle rencontré ?
source: http://www.tsa-algerie.com/2014/12/28/gaz-de-schiste-en-algerie-retour-sur-un-mensonge/

BESSAIH  -  Sur : SONDAGE
  • 2. BESSAIH - Sur : SONDAGE | dimanche, 14 Juillet 2013

Bonjour à tous;

Je viens de découvrir la conférence et le débat sur le sujet de l'exploitation du gaz de schiste. Je suis bien entendu contre et j'ai voté contre car j'ai déjà entendu tout le mal que cette technologie largement utilisée par les USA, peut occasionner à l'environnement. Heureusement qu'on a des spécialistes et des associations vigilantes telles que la CNLC pour débusquer, argumenter, dénoncer et éclairer les citoyens sur tous les problèmes et dangers touchant à notre planète par la faute des gouvernants eux mêmes et celle des multinationales avides de richesses. Je ne veux pas me prononcer sur les besoins réels de l'Algérie pour sa consommation, on voit tous les jours le gaspillage interne et les trafics; donc c'est un problème national que l'état doit gérer avec responsabilité. Pour ce qui est de l'exportation du gaz et du pétrole, je dirais que ce n'est pas en défigurant la nature avec à la clé même des centaines de milliards de $, que l'on fera le bonheur de l'Algérie, mais c'est en agissant en responsables et en réduisant la consommation et en développant une industrie dynamique que nos besoins seront assurés.

Cordialement

Stitteni  -  Sur : SONDAGE
  • 3. Stitteni - Sur : SONDAGE | vendredi, 12 Juillet 2013

Le réquisitoire que vous avez inséré sur le site a eu au moins le mérite d’évoquer un sujet qui donne à ceux qui sont soucieux du devenir de ce pays et des générations futures l’occasion de prendre conscience du danger de l’éventuelle exploitation du gaz de schiste. Soyez en remercié.

A part ceci, pensez vous que ceux qui, aujourd’hui, n’accordent aucune valeur à cette richesse qui est le pétrole et ne se soucient pas du tout de la voir partir en fumée par les pots d’échappement de millions de véhicules acquis contre une quantité de cet or noir et offerts à une jeunesse improductive, puissent se soucier du risque que présente d’une manière certaine l’exploitation du gaz de schiste si cela leur permet de renflouer les caisses ?.

Vous aurez compris pourquoi ce sondage a été ignoré par les accoutumés de ce site, ceux mêmes qui n’ont pas oublié les adages appris de leurs aïeuls :

بيع كلامك للّي يشريه منك
ازرعها وين تنبت

Noureddine ( webmestre Nostalgie )  -  Sur : SONDAGE
  • 4. Noureddine ( webmestre Nostalgie ) - Sur : SONDAGE | vendredi, 12 Juillet 2013

Triste qu'après prés d'un mois de sa publication , ce sondage très important ne recueille que deux votes ( le mien compris )

Terre en sursis  -  Sur : SONDAGE
  • 5. Terre en sursis - Sur : SONDAGE | vendredi, 28 Juin 2013

C'est l'être humain qui est responsable du déreglement de la planète terre
Imaginez depuis un peu plus d'un siècle ce qu'on a fait subir à notre mère la terre , cette envie de vouloir toucher au gaz de schiste prouve que l'on s'approche de la fin.
on l'a presque vidée de toutes ses substances nécéssaires à son équilibre et au notre ...et ce n'est as encore fini ...: juste une remarque : est-ce que l'inversion des poles , changements du climat , séismes , cataclysmes .....................ne sont pas liées à ces éxtractions et éxploitations qu'on fait subir à la terre?
pas l'ombre du moindre doute je dirais
Merci Monsieur d'avoir soulever ce problème qui concerne l'humanité entière

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