GORGE DE LA MOUFLONNE

KHENEG LAROUIA

A LA RECHERCHE DU PASSE
Une halte furtive à Aïn Legsour (source des ksour) où sont situés des gravures rupestres ceux de Dkhilet Laâtach (passage de la soif) et celui de El Merdoufa (les superposés), je ne peux accéder à ce site où quelques habitations sauvages ont vu le jour, cette présence humaine menace gravement la pérennité de ces sites
Le site de Dkhilet El Atacch a été découvert et recensé par François Cominardi en 1982 grâce au concours de quelques nomades
Quant au site de El Merdoufa, il est situé juste en face de Dkhilet El Atach à environ 1 km
Je caresse toujours l'espoir de visiter ces deux sites de mes propres yeux
Avant d'arriver à Larouia on franchit Theniet Tmar (défilé des dattes), un passage des plus pittoresques , au fur et à mesure qu'on avance dans ce défilé , le passage devient de plus en plus tourmenté et on finit par avancer dans un chaos de hautes murailles de pierre entourées par de hautes montagnes aux arêtes aigues et en dent de scie à l'image de kroune bent slim (les cornes de bent Slim), Bent Slim était une jeune fille qui habitait le sommet de cette montagne, c'est aux pieds de cette montagne qu'elle venait y puiser de l'eau dans un petit oued qui retenait les eaux pluviales
Kheneg Larouia (gorge de la mouflonne) en allusion à une gorge que traversait autrefois Gazelles, mouflons et autres cervidés hélas tous décimés par la cupidité des hommes j' aurai donné ma vie pour voir toutes ces gazelles sur les flancs du djebel Msakna, le spectacle devrait être époustouflant
C'est une coupure étroite servant aux eaux pluviales lors des crues de se jeter dans l'oued Saggar plus en aval, les gorges de larouia font partie d'une haute colline dont on situe la longueur de plusieurs kilomètres, cette colline porte en son sein plusieurs grottes , je n'ai eu le plaisir de ne visiter que trois, sur plusieurs d'entre elles on a découvert un important outillage de l'époque néolithique, dont l'une d''entres on a troué le squelette d'un moudjahid avec son fusil, une lettre un peigne, il a dû surement glisser et n'a pu ressortiir
En 1864, les tribus insurgées de cette région s'étant réfugiées dans ghar el Baroud (grotte de la poudre), la colonne Deligny ne put les en déloger qu'en les enfumant
Cette gorge est le prolongement du massif de Msakna qui est un djebel de faible altitude mais très escarpé , on dirait qu'il a été posé ici comme pour défendre l'accès aux zones sahariennes
En ce jour j'ai été surpris par la présence des sapeurs pompiers, je pensais qu'ils procédaient à un exercice routinier mais il s'est avéré qu'un berger a été emporté par la crue d'un oued en amont et que son corps pouvait être charrié jusqu'au barrage, chercher cette victime c'est comme chercher une aiguille dans une botte de foin surtout que le fond de Larouia est très boueux et que la visibilité est quasi nulle
Entre Larouia et Brezina je suis tombé par le plus pur des hasards sur une énorme quantité de silex taillés qui servaient autrefois d'outils ou d'armes façonnés par les hommes du Paléothique et du Néolithique , ces silex étaient très tranchants , ils servaient aussi d'outils pour graver des gravures rupestres très nombreuses dans la région, plusieurs cavités sont visibles sur ce site et qui servaient de refuge ou d'habitats à ces hommes je me suis cru en face d''un atelier à ciel ouvert, rien n'a bougé depuis ces âges reculés, seule l'absence de ces ness bekri (les gens d'autrefois) faisait défaut
Ah si ces rochers pouvaient parler et livrer leurs secrets !
A quelques kilomètres de Larouia on accède par une piste au site de M'zioued aux environs de djebel El Haïmeur ce site enchanteur renferme le joyau de la région à savoir des traces de pas de dinosaures datant de plusieurs millions d''années
J'ai visité et pris les photos de ce site le 06 décembre 2007, donc les photos présentes ici de ces pas de dinosaures datent de cette date
A Larouia on note la présence d'une quantité de galets et de rares coquillages ainsi que des fonds rocheux ressemblant étrangement à ceux d'une mer, une thèse que confirme Mélanie Materese (voir article ci-dessous)
Par Noureddine Toumi
Le vendredi 16 janvier 2026

Le présent album comprend 194 photos au format Ultra Grand Angle et au téléobjectif
Photos prises le 12 et 23 janvier 2026
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QUAND LA WILAYA D'EL BAYADH ETAIT UNE MER

LE SITE DE EL MZIOUED

Il y a quelque 130 millions d’années, la vie ne devait pas être facile pour les sauropodes –comprendre les dinosaures herbivores quadrupèdes – qui se promenaient sur la plage d’El Bayadh, au milieu de prédateurs carnivores.Eh oui, à l’époque, la ville se trouvait… au bord de la mer ! La wilaya d’El Bayadh, estimée un riche gisement d’empreintes, n’avait pourtant jamais révélé des traces de dinosaures telles que celles découvertes vendredi dernier.
Traces de pas de dinosaures

« Nous sommes sûrs qu’il s’agit d’une empreinte de sauropode,explique Cheikh Mammeri, ichnologue algérien. Ce qui est déjà exceptionnel, car nous n’en avons trouvé à l’heure actuelle que sur deux sites dans le pays. Si l’espèce est confirmée – peut-être un Brachiosaures,quoi qu’il en soit, une espèce proche du Diplodocus – ce serait le premier cas en Algérie. » Une précieuse découverte, car ici, comme partout dans le monde, les empreintes de théropodes (carnivores) semblent plus faciles à trouver que celles des sauropodes « Ces derniers, très lourds et très grands, devaient manger d’énormes /quantités de plantes pour tirer de l’énergie , poursuit le spécialiste. Les scientifiques pensent donc qu’ils devaient s’arrêter de longs moments pour brouter et, par conséquent, se déplaçaient moins que les théropodes, chasseurs amenés à bouger pour trouver des proies. Ce qui expliquerait que l’on trouve davantage de traces de carnivores. » La présence de dinosaures, étayée par des empreintes, l’est également par des ossements.
Là encore, une découverte de taille a été faite récemment par Abdelhamid Gabani, sédimentologie, dans le Tassili, à 300 km au nord d’Illizi. « Il s’agissait d’un fémur et de vertèbres que le célèbre paléontologue Philippe Taquet a identifié à la fin 2007 comme appartenant à un Paralititan », explique-t-il. Le premier en Algérie et le deuxième en Afrique après les ossements
rouvés dans l’oasis de Bahariya, en Egypte. « D’après les reconstitutions, ce dinosaure de 25 m de long et 70 t serait le deuxième plus gros après l’Argentinosaurus, probablement le plus
grand animal terrestre, d’où son nom de géant du littoral. » « Pour l’instant, nous nous appuyons sur les données décrites en Egypte, ajoute Abdelhamid Gabani. Le nord du Tassili, entre 96
et 114 millions d’années, devait être chaud et humide. » Les restes de faune et de flore luxuriants retrouvés avec le Paralititan en Egypte (fossiles de poissons, requins, amphibiens géants…) témoignent qu’à l’époque, l’oasis de Bahariya correspondait à un littoral marécageux exubérant. « D’après Philippe Taquet, qui a comparé ce gisement à un site marocain, ajoute le sédimentologue, la présence du Paralititan impliquait aussi celle d’autres théropodes : le Spinosaurus, le Deltadromeus agilis et le Carcharodontosaurus saharicus. » Dans l’Atlas
saharien, les premières découvertes d’ossements – des vertèbres d’un dinosaure sauropode dans les grès calcaires de Déglen (Ghar Rhouban) – remontent à 1957. « Par la suite, d’autres découvertes de vertébrés fossiles ont été faites à Gara Samani (entre Timimoun et El Goléa) en 1971, poursuit Cheikh Mammeri.
Le site de El Mzioued

Cette faune comporte, entre autres, des fragments d’os et de dents appartenant à un sauropode et deux théropodes. Des restes de vertébrés (Albien) sont signalés à Tiout (près de Aïn Séfra), à Chellala Dahrania, à Gour Tin (El Abiodh Sid Cheikh) et près de Brezina. En 1983, Mohamed Mahboubi a récolté, à El Kohol (au sud-est de Brezina), une phalange d’un Carcharodontosaurus et en 2002 et 2005, plus à l’ouest, dans la région de Aïn Séfra, de nombreux restes osseux rapportés à un grand sauropode ont été découverts. »
Par Mélanie Matarese
DIAPORAMA PHOTO DE CES SITES ENCHANTEURS
Commentaires (4)
- 1. | mercredi, 04 février 2026
- 2. | mardi, 03 février 2026
"Heureux qui, comme Ulysse a fait un beau voyage.."(Du Bellay)autour du lac de Larouia, enchanteur avec ses découpures, ses bordures rocheuses et ses eaux cristallines.
Ce site riche en témoignages d'un lointain passé (dinosaures),avec ses gravures rupestres et ses montagnes semblables à des sculptures séduit l'œil avisé du photographe ...et celui qui regarde l'œuvre réalisée.
Merci. Toutes mes amitiés.
- 3. | jeudi, 29 janvier 2026
- 4. | jeudi, 29 janvier 2026
merci pour ces magnifiques photos du lac Larouia. Tu a pris beaucoup de temps pour tout immortaliser: les animaux, les bergers,
les oiseaux, les pêcheurs et les traces de dinosaures, les immenses paysages rocheux qui rendent pourtant la vie possible.
Lors de notre voyage en voiture il y a quelques années, nous sommes passés à côté de tout cela.
Je te souhaite tout le meilleur, à toi et à ta famille.
Ton ami Hans