CITADELLE DE BENT EL-KHASS

 

 

         LA SAGA CONTINUE

                                              BENT EL KHASS OU LA SAGESSE POPULAIRE

    

C'est devenu pour moi un rituel ces visites aux gorr de Bent ek-khass ; l'ascension fût un peu pénible par

ces sentierssinueux et escarpés , à mi chemin j'entrevois le rempart fait de pierres entassées les unes sur

les autres et tout un pan de cette citadelle détachée de la gara suite à différents facteurs entre autres

climatiques ( glissement de terrain ) et quand j'atteignis le sommet de cette gara une immense joie envahit

mon cœur , une pluie fine commençait à tomber , les nuages semblaient à portée de main , et me sentais sur

une autre planète : du haut le paysage était magnifique et dégagé , mon seul regret c'est d'avoir violer ce

haut lieu royaume des rapaces et je me rappelais cette fameuse phrase que Bent el-khass a lancé à ce roi

venu l'assiéger « J'ai pour demeure daya , une citadelle avec de l'eau où je puise quand je veux , ma forteresse

est élevée ; les aigles eux-mêmes n'y peuvent atteindre « ( Voir rubrique KsarBent el-khass ) La pluie reprenait

de plus belle suivie de grêlons et c'est à contre cœur que je reprends le chemin du retour le cœur lourd mais

plein d'émotions.
                                                                                                                      
Toumi Nouredine
                                                                                                                                        Decembre 2007


Les traditions des arabes du sahara algerien , issus de la grande famille des banou hillal ont conservé le

souvenir d’une femme appelée Bent El Khass ou M’barka bent el khass. Elle personnifie le bon sens naturel

et la sagesse populaire , aussi lui a-t-on attribué un certain nombre de maximes applicables à la vie

quotidienne : de là ; sa réputation d’habilité a fait d’elle l’héroine d’un stratagème ingénieux ; grace auquel

un énnemi dupé se retire au moment où ses adversaires sont pores de succomber ; enfin elle a été representée

comme ayant construit des ouvrages dont il ne reste que des ruines. Son père ,était cultivateur et tres

généreux ; elle avait pour cousine la fille d’un nomade , propriétaire de chameaux. Cette derniere dit un jour

 à sa cousine : celui qui est riche possède des chameaux et non des cultures.La jeune fille rapporta ces paroles

à son père qui lui dit : réponds lui « Le fumier rend fou ; s’il vient , il t’emporte et emporte les chameaux .

 

 « c'est-à-dire qu’une culture qui réussit permet de tout acheter ) En effet une bonne récolte survint et le pére d’Embarka acheta tous les

chameaux de son frere. Une autre fois Bent el khass se disputa encore avec sa cousine . Celle-ci lui dit : mon père est un brave , chaque

jour il tue dix hommes , et toi qu’as-tué ton pére ? Bent el khass lui redit ces propos : un jour qu’il était chez lui , cinquante cavaliers

vinrent lui demander l’hospitalité .

Il les fit entrer , les hébergea , les débarrassa de leurs fusils (sic) qu’il remit à sa fille en lui disant : vas les

montrer à ta cousine et dis-lui : ton père a-t-il jamais rapporter pareil trophé ? A cette question , la cousine

 demeura muette et fut obligée de reconnaître la superiorité de son oncle. Dans les récits qui précedent , la

sagesse appartient au père de Bent el khass dans ceux qui suivent c’est celle-ci qui se distingue par son ésprit de répartie. Son pere lui demanda un jour : les nuits sont elles plus nombreuses que les jours ? - Les jours sont plus nombreux que les nuits - Et pourquoi ? - Parceque les nuits de lune sont semblables à des jours. - Une autre fois

elle dit à son père : il y a trois choses qui jaunissent la face et trois choses qui la rougissent Quelles sont celles qui jaunissent la face ? -Marcher pieds nus , avoir le dos chargé et une femme dépensière. Et quelles sont celles qui rougissent la face ? - Connaître le luignage , connaître les filles illustres et se contenter de ce qu’on posséde

Un jour qu’elle était avec son père , elle lui dit « la générosité avec ce qu’on trouve

 

 

 Il répondit : la génerosité est supérieure ( ) Des cavaliers vinrent lui demander l’hospitalité ; comme il était pauvre il se cacha .

Sa fille lui dit : vas trouver tes hotes et ne crains rien. Il sortit au devant d’eux , les introduisit chez lui et les fit asseoir.

Pendant ce temps bent el khass allait tirer des bâts des chameaux les épis de blé avec lesquels ils étaient rembourés .

Elle s’en servit pour préparer du couscous pour les invités . Quand ils eurent finis de manger , elle dit à son père : la

génerosité se fait avec ce que l’on trouve. En se promenant avec son père , elle lui dit en passant pres d’un champ de blé :

Une belle culture ! que son propriétaire ne la défend-il !

Son père lui demanda : pourquoi cette culture est-elle prète ? - Que ne la défend de la dette Ou encore ce dicton

 sur l’agriculture : Tous les fruits précoces sont bons Sauf le blé et l’orge – je ne sais ( ?) Vint le moment

 de la marier . Un jour de printemps , elle alla se promener avec son père dans les cultures . L’orge verte avait

une coudée de long , il avait plu pendant la nuit . Elle dit à son père : la terre a passé la nuit avec son étalon ( )

Il comprit que sa fille hostile au mariage , s’était décidée à accepter un mari. La tradition ne nous a rien

conservé sur ce mari , pas même son nom ;mais elle nous apprend que Bent el khass eut un fils à qui elle

ne ménaga pas les sages maximes qui l’ont rendue célèbre. Quand il se préparait à monter à cheval pour aller

 à la chasse ou en éxpédition , elle lui disait : Mon fils déjeune le matin . Si on ne t’invite pas en route , tu ne

 défailleras pas , et si on te repousse , on ne t’atteindra pas.

 

 

Un jour il lui demanda de l’argent pour acheter des chevaux . Elle lui dit : - Quelle sorte de chevaux acheteras -tu ?

 J’acheterais un cheval repandu , dont la croupe soit rembourrée sous les tapis de la selle , dont l’œil ne voie pas et l’oreille

n’entende pas , qu’une musette nourrit et qu’un sac couvre. Elle lui répondit : il est impossible qu’on en introduise un pareil au

marché : les juments des pauvres n’en portent et le riche n’en vend pas

 

 

Elle fit la même réponse à son fils qui lui demandait de l’argent pour acheter des bœufs. Lesquels veux-tu

acheter ? - Rouge-prune , ou noir foncé , ou gris avec les lèvres blanches. Elle lui répondit : « On n’en emmène

 pas de pareils au marché : la vache des pauvres n’en produit pas de pareils et le riche ne les vend pas. »

 

 

Ce fils , dont le nom est inconnu , mérita les éloges de sa mère qui disait de lui : Mon fils est toujours sur pied ,

Il ne soupe pas la nuit où il a des hôtes , Il ne dort pas la nuit où il craint On cite encore les maximes de

 Bent el khass : Un sult’âni ( pièce d’or ) dans la main Vaut mieux que dix dépenses - Lève toi le matin , tu

accompliras ce que tu as à faire et écoute ce que dit le présage Donne ta fille en mariage avant le jeune

( avant qu’elle ait atteint l’âge du jeune ) , on ne tiendra pas de propos sur elle.

 

 

 Sur Tlemcen : Salue les gens de Tlemcen et dis leur : Leur printemps et leur hiver Ils soignent leur graisse

 et leurs conserves de viande

 

 

 Lorsque l’époque des labours arrivait , elle disait à ses khamess : « les labours ne doivent durer que quarante

 cinq jours ; hatez vous pour ne pas labourer pendant trois mois , le pourquoi : l’hiver dure deux mois et le

 troisième mois fait partie du printemps » ( ) Aux autres cultivateurs qui demandaient des renseignements ,

 elle répondit : « Vous avez du temps , l’hiver dure trois mois « C’est en raison de cette réputation de sagesse

 qu’on lui attribua l’invention d’une ruse de guerre qu’on retrouve sous une forme différente dans les traditions

d’un grand nombre de peuples . Une ville assiègée est à bout de ressources ; il s’agit de décourager l’assiégeant

 et de lui faire croire qu’on a des vivres et de l’eau en abondance . Tantôt on chasse dans le camp énnemi un

 bœuf , un veau , une chèvre ; tantot on éxpose aux yeux d’un éspion ou d’un parlementaire des monceaux de

sable couverts d’une mince couche de blé ou des tables largements servies ; ou encore on jette des pains par

dessus les murs. C’est une ruse semblable qui sauve les habitants d’El-golea.

 « On prétend qu’ellea été assiégée pendant sept ans par les Touaregs qui s’entétaient à vouloir la prendre

par la famine. Les provisions commençaient en éffet à s’épuiser mais une ruse sauva les assiégés .

Un matin les Touaregs virent les murs de la place tapissées de burnous blancs fraichement lavés qui séchaient

 au soleil , donc elle ne manquait pas d’eau . La nuit suivante , de grands feux allumés sur divers points l’éclairaient

toute entiere , donc elle ne manquait pas de bois . Le lendemain , ils trouvèrent sous les murailles et presque

 aux portes du camp , des galettes de belle farine , des dates , du couscous , derniéres ressources que les assiégés avaient

sacrifiées pour faire croire à leur abondance ; les Touaregs crurent et se retirérent.

Le nom de Bent el khass n’est pas prononcé , mais sa réputation de sagesse était trop bien établie pour qu’on ne lui fit pas

honneur d’un stratageme qui courait dans les légendes du désert . On raconte qu’Embarka bent el khass fùt

assiégée sur la rive gauche de l’oued Seggar ( Brezina ) par un sultan du gharb dont elle avait repoussé les

avances et qui en la bloquant comptait la prendre par le manque d’eau . Mais voyant voyant un jour les

femmes des assiégés étendre au soleil du linge mouillé pour le faire sécher , il s’imagina qu’ils avaient de l’eau

 en abondance et leva le siège , trompé par la ruse d’Embarka. Nous voyons que Bent el khass finit par etre

considérée comme la souveraine de sa tribu , une forme postérieure de la légende rapporte qu’elle était la fille

d’un roi arabe . Celui-ci devenu vieux incapable de se tenir debout et se faisant porter en litière , laissa tout le

pouvoir à sa fille de qui ses sujets appréciaient la sagesse . En conséquence , on lui attribua la fondation d’une

 ville à Asbih ( El-Bayadh) d’une à Bounoqta au sommet de la montagne , d’une à aine el amri , enfin des

constructions que les nomades sont incapablkes de réparer , bien loin d’avoir pu les élever .

Ainsi la séguia située au S.E de Lioua et paralelle de l’O . Djedi. Elle est aujourd’hui bouleverssée mais parait avoir

 une origine Romaine. A une époque fort reculée , d’après la traduction ; les arabes étaient commandés par une

femme nomée Bent el khass : celle-ci avait dù souvent lutter contre ses sujets qui ne voulaient pas reconnaître la souveraineté

d’une femme . Pour leur étre agréable elle fit construire une immense séguia jusqu’à la Mècque afinque les pélerins puissent avoir

de l’eau à leur disposition.  

 

 

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