LES MONTS CÉLESTES II

 

    

 

LES MONTS CÉ​LESTES II

CÉ​LÉ​B​RATIONS CÉ​LESTES

 

  Ce jour la j'eus droit à un ciel pâle et de gros nuages menaçants planaient sur la steppe, au 
  lointain une lueur sulfureuse balaye les arêtes sèches des monts de Sawess
  Un immense silence étrange planait sur ces immenses solitudes, nulle trace de bergers et leurs 
  moutons qui doivent être tant bien que mal au chaud dans leur zriba de fortune (enclos) un vent 
  glacial et glapissant balayait cette mer d'alfa, j'essayais de pousser plus loin mais les nuages se 
  faisaient plus menaçant et surtout il y avait beaucoup de vent par moments violent aussi je pris
  la décision de rebrousser chemin non sans amertume en attendant un jour meilleur
  Deux jours plus tard et bien avant l'aube je décidais de reprendre le chemin de ces monts 
  célestes je traversais tel un fantôme le petit ksar du petit Mecheria encore somnolant
La lumière était d'abord hésitante et par instants furtive, les grandes étoiles qui m'accompagnaient pâlissent et s'éteignent lentement,
le soleil gagna le zénith juste à la sortie de djebel leguebar je fus une légère courte pause à Ain Ouaffeg au milieu d'une lumière sublime
et fus combler de bonheur que cette source avait  repris son fort débit d'antan par je ne sais quel miracle

 Un silence bienfaisant enveloppait ces immenses platitudes ma seule rencontre fût avec un âne qui broutait une herbe
 sèche au milieu de ce matin glacial, la terre avait tellement soif; les pluies automnales ne furent pas au rendez vous
 cette année, c'est avec une immense tristesse que j'aperçus au loin à peine ksar Lahmar et j'eus une pensée sincère
 à Si Yousfi hadj Bahos que j'avais rencontré en 2012 en ces lieux et qui malheureusement il y a juste un mois fut
 mortellement toucher par un chauffard à El bayadh et succomba quelques heures plus tard suite à ses blessures,
 comble de l'ironie et de malheur le vieux Hadj Bahos était venu rendre visite à sa fille hospitalisée à El bayadh et
 comme quoi nul n'est maître de son destin
                                Paix à son âme

 

 NB/ J'ai jugé utile de joindre une photo de ce généreux personnage prise de dos à ksar Lahmar en 2012
 Une tristesse lancinante doublée de rage me gagna et je repris mon chemin, les immenses ​ rochers ​   commencent petit à petit à laisser place à une mer d'alfa e​t j'entrais dans une immense dépression​ celle   où toute végétation ligneuse a disparu, sauf dans le lit des cours d'eau ou dans les dhaïat et c'est au   milieu de ce fantastique paysage baigné d'alfa que je pris ma pause thé, une plante attira surtout mon   attention ce fut celle qui m'a piqué du côté de sid el hadj Benameur et dont je garde encore des séquelles   quatorze mois après.
 Enfin le jour s'alluma de plus belle, et je retrouvais le grand charme et le silence poignant et charmeur de   la steppe, j'arrivais à destination au milieu de la matinée et j'avais pour idée cette fois ci de regagner   l'ancien ksar, peine perdue l'oued était toujours difficile d'accès, ma première rencontre fût avec un   nomade seul emmitouflé dans sa djellaba blanche qui suivait avec peine son maigre troupeau et ce juste aux
 abords de l'oued, plus loin quelques enfants paradaient joyeux avec leurs jouets avec l'avènement de la pose du bitume à l'intérieur du   village "Bonjour la civilisation"
 Les journées étant courtes en cette période de l'année je regagnais sans tarder djebel el melh (montagne de sel) dont le piton noir est   d'abord seul visible, émerge peu à peu les irisations de ses flancs, recouverts par endroits de blanches traînées de sel, ce site fait penser   à une gigantesque palette de couleurs , je tombais sur quelques cueilleurs de sel dont un très jeune qui aidait son père dans cette dure tache   Ô combien pénible pour ce corps si frêle, bêtes et hommes en pâtissent, c'est des va et vient incessants le long de ces falaises abruptes, je   marchais longuement au milieu de l'oued à peu près à sec en son milieu, sa surface est en quelques endroits jonchée de débris   d'arbres quelques uns me faisaient l’effet de noyés tentant désespérément de rejoindre les rives de l'oued, une petite forêt de tamaris a
 élu refuge sur les rives de ce large oued 

 

  À la surface du sable qui borde l'oued, le vent a laissé des menues plissures, vagues légères qui donnent
  à ces dunes un aspect marin
  L'envie me prend une fois de plus de grimper ces monts, l'ascension est fatigante; le sol étant argileux
  et pierreux, il est rendu glissant par la pluie de la veille on n'avance qu'en se cramponnant pour ne pas 
  dégringoler dans quelconque crevasse
  Et quelle gamme inouïe de couleurs sur ces décombres ! des reflets , des roses ternes , dès jaunes de
  rouille, des verts ocreux, des violets..., c'est un paysage lunaire d'indicible beauté, d'immenses rochers
  ne tiennent que sur un fil sur ces pentes escarpées et semblent défier les lois de la pesanteur, telle  un 
  puzzle la carapace en éclats d'une tortue gisait au milieu de ce décor splendide et je ne sais comment et par quel miracle cette petite créature a pu escalader ces pentes si abruptes, la pauvre bête a dû connaitre une fin atroce et terrifiante, aussi saluais-je avec un immense respect sa mémoire, côté flore une seule plante a pu s'implanter au milieu de ce site hostile à toute vie qu'elle soit humaine , animale ou végétale
Une échelle de fortune attira mon attention, elle était plantée au devant une cavité rocheuse c'était dans cette grotte qu'un cueilleur de sel avait perdu la vie suite à un éboulement de terrain, je sentais son âme flotter autour de moi, sur un petit recoin et une toute petite surface plane les cueilleurs de sel avaient érigé un petit abri de fortune pour se reposer et préparer leur thé quotidien; le lieu domine une immense étendue, quelque pierres avait pris des formes hallucinantes, tantôt c'est une jarre; tantôt un petit éléphanteau, une m'avait beaucoup frappé elle ressemblait à une selle de cheval aussi pris-je la peine de m'asseoir dessus pour reprendre mon souffle
De retour la nature m'offrit un magnifique spectacle avec comme toile de fond: le coucher du soleil de dos et en face le lever de la lune et
à l'idée de retrouver nos cités bétonnées me fait tressaillir

                                                                                              Par Noureddine Toumi
                                                                                                   Le 18 décembre 2019

                                                                                                                                         

                                                                               Photos prises le 06 et 08 décembre 2019
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Commentaires (3)

Jean - Sur : LES MONTS CÉLESTES II
  • 1. Jean - Sur : LES MONTS CÉLESTES II | jeudi, 19 décembre 2019
Cher ami Noureddine,
Un grand merci pour ce beau cadeau de Noël, double cadeau, car le style littéraire de l'introduction est à la hauteur de la beauté des paysages. Bravo!
Que Dieu vous garde en bonne santé, physique et morale tout au long de cette nouvelle année de grâces.
Bien cordialement. Jean.
un ami -  Sur : LES MONTS CÉLESTES II
  • 2. un ami - Sur : LES MONTS CÉLESTES II | jeudi, 19 décembre 2019
Très cher ami,je suis très ému ,,impressionné en regardant passer ces prises de vue d'une Nature rude,mais toujours harmonieuse dans la lumière,et animée de quelques personnes, dont des enfants.Vues d'une Nature qui me font revivre les moments où j'y passais du temps…! Merci pour ce cadeau de lumière et beauté pour Noël et pour vos vœux.
Avec toute mon amitié et disponibilité
Raymond -  Sur : LES MONTS CÉLESTES II
  • 3. Raymond - Sur : LES MONTS CÉLESTES II | mercredi, 18 décembre 2019
Ajouter un commentaire fut ce un seul mot est bien pauvre vis à vis de cette poésie de mots choisis et de ces chaudes images d'une nature pourtant bien rude et désolée !!!.

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