GAÄDA

 

 

GAADA

LES GOURS : ABSTRACT BEAUTY

 

Très tôt j'avais quitté El-bayadh qui était transi par le froid, une petite couche de neige enveloppait la ville , le thermomètre marquait les -3 degrés
Les crètes des djebels  Boudarga, le Ksel et El Ouastani s'étaient parés de leur "turban" blanc 
Par contre je fus confronté au col des Ouled Moumen et de Laguermi à un épais brouillard, la visibilité était quasi nulle, l'attention était requise
El bayadh n'a pas connu pareil hiver rigoureux et pluvieux depuis des lustres, le printemps s'annonce radieux au cas où ces pluies bienvenues persistent 

Sitôt arrivé aux environs de Hadjret Deriass le soleil a fait son apparition laissant place à un ciel bleu azur sans presque aucun nuage, c'est aux abords de Theniet tmar que je pris mon thé du matin sous une retma (genêt), le froid persistait encore malgré ce ciel bleu trompeur, un traquet du désert est venu me tenir compagnie 

A midi je fis une autre escale escale au barrage de Larouia, le temps ici était plus clément , le barrage est à son top niveau  il a même fallu évacuer  les eaux par une trappe souterraine
l'autre escale fut au gours de Bent El-khass un lieu que je chéris et qui se dégrade à vue d'oeil en raison d'un tourisme sauvage et qui ne fait que dénaturer ces lieux autrefois si calmes

GOUR OUM LEDJHAF 

Imaginez une vaste exposition de sculptures abstraites disséminées autour d'un vaste désert de sable, et vous aurez une petite idée de paysages qu'offre ce vaste site
Les forces combinées des eaux et du vent en ces temps lointains ont façonné un paysage presque lunaire sans contexte l'un des plus spectaculaires de la région , je n'ai pu accéder à toutes ces formations rocheuses en raison de mon véhicule 

SOLTANA

Un site spectaculaire que je n'ai pu voir que de loin , l'accès y est très difficile pour mon modeste véhicule , risquer le pari était insensé
Soltana est une immense cuvette de plusieurs kilomètres carrés s'y dégage des lieux une impression étrange l'endroit compte quelques garas,, et une maigre végétation au milieu de quelques talwegs, c'est bien ici "Bled el khaouf" (le pays de la peur)

GAADA AVEC SI LARBI

J'ai croisé si Larbi non loin de la route il était accompagné de son petit fils et un proche parent, je le reconnus à sa silhouette frêle et sa large abaya blanche, il revenait à pied d'une large daya où il cultive une petite parcelle de terre , au grand jamais il ne s'est plaint de ses conditions de vie pour nous autres citadins difficiles, El hamdou lillah (louanges à Dieu) c'est le mot fétiche chez lui 
Un ami algérien résidant à l'étranger et que je salue au passage m'a chargé qu'il était prêt à l'aider pour la construction d'une petite maison au village le plus proche, c'était niet pour si Larbi , il ne pouvait se séparer de ces horizons sans fin , habiter au village était une fin certaine pour notre ami, il en mourrait de chagrin

"Enfermer un nomade entre quatre murs c'est mettre le vent en boîte".(Stlvain Tesson)

NB/ Le terme Gaada de l'arabe dialectal se dit d'une rencontre et causerie conviviale entre amis autour d' un verre de thé
       Gours ou gara ; plateaux sahariens

Par Noureddine Toumi
Le vendredi 16 janvier 2026

Le présent album comprend 174 photos au format Ultra Grand Angle et au téléobjectif  
Photos prises le 12 janvier 2026
Cliquez sur la touche f 11 de votre clavier pour écouter la musique d'accompagnement
NB/ Branchez vos enceintes acoustiques pour écouter la musique d'accompagnement
Si la musique ne démarre pas , cliquez sur PLAY du lecteur ci dessous

 

LA SAGESSE DE BENT EL-KHASS (suite)

 

 

 


 

 

Bent el Khass avait encore un autre fils de belle venue et tout le contraire du premier, par sa sagesse, sa force et son raisonnement. Elle le dirigeait : « N’oublie pas, mon fils, que ton existence ici-bas est éphémère, que tu dois en profiter sagement ; si tu as faim, si tu as soif ou si tu éprouves un besoin, pense que tes semblables peuvent les éprouver ; si tu es fatigué, si tu es souffrant, n’oublie pas que tes semblables ont une sensibilité. Fais du bien au tour de toi et tu dompteras les méchants. Ne déteste pas un homme parce qu’il n’est pas de ta couleur, de ta race ou de tes opinions ; nous sommes tous des créatures de Dieu : pourquoi perdre notre temps à nous haïr ? Aime la justice, elle seule décide entre les hommes et l’avenir lui est promis. Cherche le bonheur d’autrui, tu y trouveras le tien. N’accable pas tes hommes : qu’arrive-t-il quand tu surmènes ta monture ?... »

Cette femme du Sud est restée célèbre. Bent El Khass serait contemporaine d’un chef hilalien, Diab-ben-Ghanem et aurait même nomadisé avec lui dans les mêmes parages. Sa mémoire est restée celle d’une femme sage et entreprenante. Toutes les régions arrosées par l’oued Namous, l’oued El-Gharbi, l’oued Seggueur, l’oued Meguiden, constituèrent son pays de parcours. Partout où elle passait, dit-on, elle faisait creuser des puits en maçonnerie, la plupart munis de margelles et d’abreuvoirs appropriés aux troupeaux. On assure qu’elle en fit creuser 365, nombre qui lui permettrait d’avoir tous les jours un puits nouveau à sa disposition. Plusieurs puits sahariens actuellement à jour et utilisables seraient de sa création, mais la majeure partie, comblée par les sables, se trouveraient perdus tant dans lés hamada, les vallées, l’erg, que sur les itinéraires du Gourara et du Touat. Aujourd’hui encore, les vents violents qui balayent les vallées, râclent les hamada, déplacent la lisière de l’erg, arrivent parfois à mettre à nu l’emplacement de ces points d’eau... Les puits de Fort Mac-Mahon (El Homr), d’El-Goléa (El-Menia)., de Zirara sont attribués à Bent el Khass.

Le ksar d’Aïn El  Amri aurait été bâti par Bent El-Khass, et elle en aurait fait sa capitale.
Il aurait été alimenté par une source abondante arrosant de vastes jardins garnis d’arbres fruitiers, de légumes, de vignes. Cette eau était conduite, d’après ce qu’on dit, par un canal d’irrigation jusqu’à la grande dhaya d’Oum El-May qui se trouvait alors transformée en vergers. L’imagination du Saharien voudrait que l’eau fût alors si abondante qu’elle avait, dit-il, la force de charrier tous les jours une caisse de vivres. L’eau bienfaisante* prenait elle-même le coffre aux provisions et le portait diligemment de puis le ksar jusqu’à la dhaya pour encourager les travailleurs des jardins. Ceux qui répètent cette fable savent très bien ce qu’elle signifie, mais il leur plaît de se faire ainsi des images de la vérité. N

L’oasis de Brezina tirerait son nom d'une certaine maraboute appelée Lalla-Brizina qui aurait été contemporaine de Sid El Hadj Bahos des ouled sid Cheikh. Bent El Khass est dit-on d'une tribu hilalienne des Beni-Ameur.

Aujourd’hui, on trouve des Oulad Sid Hadj Bohos, des Oulad Sidi Ahmed Bel-Abbès, des Chaâmba, des nègres, des Kabyles et des juifs. Les Kabyles fabriquent des cordes en même temps qu’ils se font menuisiers, étameurs, forgerons, etc... Les femmes, pas toutes, fabriquent des tissus de laine plus ou moins délicats; et qui suffisent à peine aux besoins du ksar. Il y a aussi, mais en petit nombre, des tailleurs, des confectionneurs de nattes, de couffins, des maçons : ces artisans d’occasion travaillent seulement au fur et à mesure des besoins du ksar. Le ksar de Khellaf (Brezzina) habité par les Oulad Sidii Qaddour, et celui d’El-Ameri habité par les Oussaâ, des Oulad-Aïssa , forment la banlieue de Brézina.

La « gara » de Bent El Khass a aussi sa légende. Bent El Khass campait sur la gara quand elle fut attaquée par un grand chef nomade. Plusieurs assauts furent donnés par les assiégeants sans succès. Ceux-ci résolurent alors de la bloquer afin de la réduire par la faim et la soif. Les assiégés étaient alimentés par une petite citerne creusée par eux au milieu de la gara. Mais le siège dura trop et le réservoir commençait à tarir. L’intrépide femme usa de ruse. Au moment où ses ennemis croyaient la tenir, elle fit couvrir de laines mouillées les abords de la gara à la grande stupéfaction des assiégeants. « Quoi ! s’écria le chef ennemi, elle lave ses laines, alors que je la croyais réduite par la soif ! Par Dieu, j’ai affaire à une sorcière ou à une sainte maraboute ! » Et il leva son camp découragé. La légende ajoute que cette femme avait un autre fils qui, malgré ses soins les plus assidus, restait débile. Elle lui dit un jour avec tristesse : « O mon fils ! Tu n’as ni la poitrine large d’un guerrier, ni la grosse tête d’un sage, ni les longues jambes d’un coureur, tu n’as qu’un gros ventre insatiable ! » On lui disait : « A quoi sert-il ? Autant qu’il ne fût pas né », mais elle reprit : « L’homme le plus nul saura toujours garder les chameaux, comme le dernier des chameaux pourra toujours porter un fardeau ! » 

Rapporté par un officier Français lors d'une incursion française à Brezina au milieu du Dix huitième siècle

GAADA AUPRES DE SI LARBI

 

 

 

 

 

 
 
" />

Commentaires (1)

René  Sur : GAÄDA
  • 1. René Sur : GAÄDA | mercredi, 28 janvier 2026
je trouve votre vidéo réalisée avec Si Larbi,son petit fils et un de ses parents.
Quelle fidélité à son choix de vie, si authentique et si modeste! Un des derniers nomades pasteurs?
Une fois de plus, de fabuleuses images des gours ,des dromadaires...et bravo pour l'inventivité du jeune Mohamed pour avoir refait un "tout terrain" qui l'amuse aussi bien que le feraient les jouets rutilants arrivant de Chine. Merci.
Bien fraternellement.

Ajouter un commentaire